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Hayat Ait-Boujounoui - Blog de poésie

"L'oreiller Abandonné en mer Ne se souviendra pas de la nuit Ni de l'effort des rochers Au creux du rêve" Hayat Ait-Boujounoui, La traversée, in Palpitations, chez L'Harmattan, 2018

Inspiration ou poésie...

Ce train

Sur le panneau en défilement
Ce train est à destination de Brest
Un point au bout une phrase
Le train repart de Morlaix juste avant
La ville en bas au loin des lumières jaunes
Et bleues et blanches s'éloignent

Pourquoi ne m'as-tu pas appelé ?
Ce jeune homme au téléphone
Je suis seul avec mes mots
C'est curieux ces mots qui s'affichent
Et ceux qui luttent pour rester muets
Quand le train prend un virage

Ces mots qui ne m'appartiennent pas
Juste le reflet sur la vitre
Dehors quelques réverbères
C'est Landivisiau la pause juste avant
Un autre départ et les voitures attendent
Devant un cédez le passage

La nuit de nouveau et des réverbères
Au loin sur des passants invisibles
Les lampadaires à l'intérieur éclairent
Quelques traits pas de masque
C'est le soir mais en néon le Stiff Café
En bleu dans nos régions

Puis le port de plaisance la voie express
En parallèle plus haut le train avance
Arrive il est près de vingt heures

Au bout du quai des fleurs vivent
Doux parfum de l'aube inscrite
Où nos cœurs se rejoignent

 

Hayat Ait-Boujounoui - Brest, février 2006

 

 

Au creux des apparences

 

Le soleil berce ma peau

Dans une feinte atroce

 

Au-delà des yeux

Où mes os se meurent

Le sourire se répand 

En vaine profusion

 

Les visages s'évadent

Dans l'unique vague 

De mes remparts

 

Le festin de sable

De mon coeur bleu

M'entraîne au fond des âges

 

Mes racines s'y accrochent

En couleur d'exil

Et je reste sans voix

 

Hayat Ait-Boujounoui - Bordeaux, 2008

 

 

A Bordeaux

 

Je quitte le quartier 

Des sillons solitaires

En cheminant encore 

Une fois

 

Serais-je déjà

Cette nostalgie

Qui affleure en douce

Dans les regards

 

Je me surprends

A scruter les sèves

Des abords du vent

Qui m'entraîne

 

La vie 

A cette terre incrustée

Dans les airs absents 

De mes pas

 

J'entends

Cette merveilleuse

Me dicter le ciel

D'une mer profonde

 

"Moi je t'aime…"

 

Toujours ce refrain

Avec ce ton unique

Où s'envisage 

Le sourire d'un ange

 

Hayat Ait-Boujounoui - Extrait tiré du recueil Dans la chair, chez L'Harmattan, 2011

 

 

La traversée

 

Les rideaux trop courts

Filtrent la lumière nocturne

De la modeste pièce

Comme si les phares 

Avaient le tort d'appréhender

 

L'oreiller

Abandonné en mer

Ne se souviendra pas de la nuit

Ni de l'effort des rochers

Au creux du rêve

 

La clarté des vagues

Amuse le temps induit

D'un coeur à l'autre

En sonates lointaines

 

Le vertige épuisé

Au travers des hublots

Accuse les menus strapontins

Pris à peine à l'heure

 

 

Une autre traversée

 

Le froid court déjà

Entre les doigts du jour

Offrant les réminiscences averties

Au socle de la sérénité

 

Les toits rouges

Apaisant la surface

Circulent au gré du miroir

 

Nul roman de tristesse

Ne sait mieux imiter

Le calme des côtes

 

Alentours

D'autres mers inventent

Le sursis des cœurs 

 

Les bouées délaissées

Irriguent les souvenirs bleus

Si bleus à la dérive

 

Hayat Ait-Boujounoui - Extraits du recueil Palpitations, chez L'Harmattan, 2018

 

 

Dans l'avenue des glycines

 

Peut-être ai-je rêvé cette pluie sur le jour,

cette marche lente dans l'avenue des glycines

et ce début de saison où la mer serait pour bientôt ?

 

Je ne saurais dire le vrai de la terre qui tremble sous mes pas,

ni attacher le vent d'un parfum au souvenir des lunes du soir.

Pourtant, dans les solitudes grises de la ville,

un regain d'espoir arrondit les instants, 

comme si tout allait devenir ample au gré des songes.

 

Les heures conquises ou amorcées

gravitent autour de discrétions folles,

mais rien ne presse.

Le sable saura atténuer les silences des rives

au moment de sentir les embruns.

 

Quand je serai au bout du monde,

là, tout près des vagues lointaines,

je me souviendrai des fleurs douces et de l'arrière-pays

comme d'un cercle de soif, 

où la vie sert juste à être.

 

Hayat Ait-Boujounoui - Besançon, Avril 2019

 

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Joëlle Pétillot 02/09/2019 17:56

Là encore, des mots ont pris le chemin droit pour me faire réagir. Votre poésie est décidément d'une limpidité, d'une simplicité (c'est un compliment ! ) qui n'exclut ni la gravité, ni la profondeur.

Hayat Ait-Boujounoui 02/09/2019 19:55

Tant que les sentiments sont là, nous sommes sur la bonne voie… Merci encore Joëlle.

Sedna 11/08/2019 20:29

Je suis heureuse de déposer le premier commentaire sur ton blog..Merci de nous faire profiter de ton talent de plume..je reviens tout bientôt te lire.

Hayat Ait-Boujounoui 13/08/2019 09:14

Merci de ton passage, chère amie. A très vite.