Le temps nous porte sans rien,
A le sentir faire ses solitudes,
Tournées sur elles-mêmes
Au cœur des galaxies.
J'adore ces instants purs
Où l'humanité rêve d'ailleurs simples
A la vue de la Lune et d'autres soleils intenses.
Nous sommes forts de nos bêtises
Et si curieux parfois du monde
Que nous oublierions presque
Nos accords de gravité universelle.
Vois, toi, cher lecteur,
A quel point je me permets le respect !
Comment en suis-je arrivée à te tutoyer,
Toi que je connais bien,
Et toi que je ne connaitrai peut-être jamais
Et qui ne vis pas plus haut que nous tous.
Si je suis épouvantée par l'actualité humaine,
Je suis toujours émerveillée par celle qui a ses mérites.
Je rejette sans scrupules l'immonde,
La haine et l'horreur.
Nous sommes tous au raz de la Terre...
Ni plus élevés, ni plus bas.
Avant-hier, un déluge a rincé le vent,
Les jardins et les rivières.
Nous étions par moments à nos fenêtres,
Ouverts sur l'étonnement,
Ou dans l'ignorance du divertissement,
Engoncés dans nos labeurs du jour.
Il ne pleut plus dans notre partie du monde,
En ce week-end froid comme le sang,
Alors que le ciel a chauffé à tors et à travers
Jusqu'à la mort de certains.
Nous sommes poètes,
Oui, et nous écrivons encore avec nos doigts engourdis.
Nous sommes poètes,
Oui, et nous faisons une différence entre le respect et l'abject.
Nous sommes poètes,
Oui, et nous portons notre empathie à sa limite.
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Hayat Ait-Boujounoui, 16 mai 2026